du rififi chez les semis

Un jour, mon père m’a donné une poignée de haricots en me disant : « Ta grand mère les cultive depuis toujours. Tu verra, ils sont bons et poussent bien chez nous. » Et chaque année je semais mes haricots et mettais des graines de côté pour l’année suivante. Une année, j’y ai retrouvé des petites bêtes. Aucune graine n’a germé et plus personne n’en possédait.

Heureusement, maintenant les grandes surfaces proposent toutes les mêmes variétés de semences issues des plus grands groupes industriels, souvent non reproductibles et surtout rigoureusement sélectionnées pour notre bien-être : une belle apparence mais pas de goût (rajoutez une pincée de glutamate et arrêtez de râler ! ) Ces mêmes multinationales ont pensé aux agriculteurs et leur proposent des lots semences transgéniques / herbicides pour obtenir des hectares de monoculture intensive sur un sol qui s’apparente plus à un support inerte de culture qu’à une terre nourricière.

Depuis plusieurs années des initiatives se mettent en place afin d’offrir des alternatives à ce système et nous permettre de nous réapproprier notre patrimoine alimentaire. On trouve de plus en plus de catalogues de petits producteurs de semences bio qui cherchent à réhabiliter les variétés traditionnelles et ajouter de la biodiversité dans nos jardins. Des associations de sauvegarde des semences organisent des bourses d’échange et des stages pour apprendre à produire soi-même ses graines. Les idées foisonnent et dans les forums de jardinage on peut aussi trouver des chaînes de colis : on s’inscrit sur une liste, reçoit un paquet débordant de graines, prend ce qu’on veut, met ce que l’on veut et l’envoie à la personne suivante.

Pour faire partie de ces trocs il faut apprendre à produire ses graines. Des livres à destination du jardinier amateur permettent d’acquérir les notions de base et détaillent les techniques pour différentes espèces. En tant que jardinière expérimentée, j’ai élaboré une technique personnelle dite technique de la chaise longue ou des trois R : regarder, réfléchir et ne rien faire. La subtilité consiste à choisir ce que l’on ne fait pas pour laisser la nature le faire à notre place. Le plus simple est de commencer avec quelques variétés annuelles. Par exemple, la plus belle et la plus appétissante de vos salades sera justement celle que vous ne mangerez pas. Vous la laissez monter à graines, dégagez un peu autour et attendez. Quelques mois plus tard vous n’aurez plus qu’à éclaircir et repiquer les petites salades qui auront poussé au bon endroit au bon moment. Je l’ai aussi testée sur le persil, toujours délicat à démarrer, et j’ai des dizaines de petites pousses dans mon coin d’aromatiques. La roquette, elle, est venue s’installer devant la porte !

Alors quand vos fleurs sont fanées et que vos plants montent à graines laissez-les faire.

Avis de recherche:

Autrefois, dans la vallée de Massat un maïs était cultivé pour faire le millas. Est-ce que quelqu’un possède encore des graines de ce maïs ?  Je souhaite les multiplier et les mettre à disposition des Massatois qui souhaitent le cultiver.

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. WELKLEN patricia dit :

    Excellent !!!!
    Il y a de l’info bien pratique et instructive
    Il y a une bonne dose d’humour
    Il y a une bonne observation de la nature ..,
    Bref un bel exposé qui met au centre le vivant 👏à cette fée des cimes 👸

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